L’excellent livre « Plaidoyer pour les animaux » de Matthieu Ricard ou pourquoi vous pourriez devenir végétarien ?

L’excellent livre « Plaidoyer pour les animaux » de Matthieu Ricard ou pourquoi vous pourriez devenir végétarien ?

C’est avec le premier magazine Esprit Veggie que j’ai découvert ce livre. Une de mes rédactrices en a fait l’éloge et je me suis laissée tenter à mon tour. J’étais végétarienne depuis seulement 2 mois et je manquais peut-être un peu d’assurance. La lecture de ce livre m’a incroyablement conforté dans mon choix, d’un point de vue morale, mais aussi d’un point de vue scientifique avec l’apport de données et statistiques dont j’ignorais l’existence. Des données effrayantes sur l’industrie des animaux, la réalité de leur mode de vie et la remise en cause de nos modes de pensée. Le livre « Plaidoyer pour les animaux » invite à une réflexion profonde sur notre droit ou non de manger des animaux en se référent à de nombreuses études et de nombreux auteurs. Un manuscrit remplit de notes et de références à d’autres livres. Matthieu Ricard a abattu un travail scientifique pour questionner notre spiritualité. Une référence en la matière.

Des dégats écologiques considérables chaque année

Chaque année, 60 milliards d’animaux terrestres et 1000 milliards d’animaux marins sont tués pour notre consommation. Pouviez-vous imaginer ce chiffre ? Cette consommation s’est accélérée à partir des années 1950, qui comptaient à l’époque 2,5 milliards d’habitants. Avec une forte augmentation de la population mondiale (7 milliards aujourd’hui), l’action de l’homme a eu des conséquences terribles : augmentation des émissions de CO2 et de méthane, déforestation, usage de pesticides et de fertilisants chimiques, montée en flèche de la consommation d’eau douce… Certains historiens désignent même ces dernières années comme une nouvelle ère, l’Anthropocène ou « L’ère des humains« .

Le rapport homme-animal

C’est en domestiquant les animaux que le rapport homme-animal a changé. L’homme se pensant supérieur aux bêtes, le fait de tuer un animal, de commettre un meurtre, s’est banalisé. A l’époque où les hommes se contentaient de chasse et de cueillette, les chasseurs avaient un rapport d’égalité face aux bêtes. Certains faisaient même des rituels pour se laver des meurtres. Aujourd’hui l’abattage de masse des animaux domestiques semblent être une chose normale. « Oui, les animaux mangent des animaux, et les hommes mangent des animaux » me direz-vous ?

Seulement l’homme, doté de parole et du sentiment de l’équité, ne devrait pas se nourrir de la chair d’autrui.

C’est une des idées éthiques que développe Matthieu Ricard dans son livre. J’aimerais d’ailleurs vous retranscrire une citation très parlante, de Milan Kandera, qu’il donne au tout début de la lecture (p 33) :

« Et si des extraterrestres plus intelligents et plus puissants que nous débarquaient sur notre planète et annonçaient que leur Dieu avait créé les humains pour leur usage, qu’aurions-nous à leur répondre ? »

La pollution provoquée par L’élevage des animaux

En dehors de toute question d’éthique, certaines données ne peuvent vous laisser indemne si vous vous souciez un minimum de l’écologie et de notre planète. Pour tuer chaque année 60 milliards d’animaux terrestres et 1000 milliards d’animaux marins, l’élevage est une réelle industrie. Elle représente 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre, 60% des terres disponibles dans le monde et consomme 45% de l’eau douce disponible. Le déboisement de l’Amazonie par exemple, est provoqué à 80% par l’augmentation du nombre de bovins ! De plus, pour produire 1 kg de viande, il faut en moyenne 10 kg d’aliments : 90% de la production mondiale de soja sert à nourrir le bétail.

Quand on sait qu’avec 1 hectare de terre, on peut nourrir 50 végétaliens ou 2 carnivores, il est peut-être temps de changer son alimentation !

Défendre la cause animale

L’élevage intensif

L’un des aspects qui ne laissent pas indifférent, et qui est très bien caché, est la condition de vie de ces bêtes dans l’élevage industriel. Nous sommes très loin de l’image des vaches broutant de l’herbe dans le pré pendant que les cochons se roulent dans une mare boueuse et que les poules picorent gaiement du grain à la ferme.

La plupart des animaux élevés en élevage intensif ne découvriront la lumière du jour ou ne feront leurs premiers pas, que le jour où ils iront à l’abattoir. (Source : Jean-Luc Daud, « Ces bêtes que l’on abat« .

  • Poulet 

En élevage intensif, un poulet dispose de la taille d’une feuille de papier A4 pour vivre, dans la quasi obscurité. L’air est chargé d’ammoniaque, de poussières, de bactéries. A cause de l’entassement, les poulets sont déplumés, donnent des coups de becs agressifs et vont vers le cannibalisme. Pour pallier à ce problème, les becs sont sectionnés sans anesthésie et les moignons résultant de cette opération provoquent souvent de vives douleurs. La quasi totalité des poussins mâles sont détruits, sur des plaques électrisées ou dans des broyeurs (50 millions en France, 250 millions aux USA).

  • Cochon

Les cochons n’ont pas un meilleur sort : leur queue est sectionnée, les petits cochons de moins d’1 semaine subissent un meulage à vif des canines. Certaines truies sont dans des boxs si étroits qu’elles ne peuvent même pas de se retourner. Les mâles sont castrés sans anesthésie : le bourreau fait une incision des bourses avec un couteau, dénude les testicules et tire dessus jusqu’à rompre le cordon.

  • Veau

Ils sont séparés de leur mère très tôt (parfois dès la naissance notamment aux USA). Les boxs sont trop petits pour qu’ils puissent dormir en position naturelle avec la tête sous le flanc. Ils ne peuvent pas non plus de tourner ou même se lécher. Leur alimentation est volontairement appauvrie en fer (et donc les veaux sont volontairement anémiés) car les consommateurs aiment la viande blanche pâle.

Quelques chiffres : l’élevage industriel génère 95 % des porcs, 80% des poules pondeuses et poulets de chair et 90% des veaux consommés en France. Il y a aussi 40 millions de lapins en cage (soit la quasi totalité de la production). Sans devenir végétarien à 100%, la première mesure à prendre serait de privilégier les petites fermes, les agriculteurs indépendants, les circuits courts. Bien que cela n’enlève pas le problème des abattoirs et de droit ou non de tuer un animal pour vivre…

Un mot sur les abattoirs

Les abattoirs sont des lieux fermés au public. Et pour cause, si la population voyait les atrocités, le sang qui gicle, le dépeçage, les tripes… Le rapport ne serait pas le même. Aujourd’hui nous ne voyons que le produit transformé dans l’assiette, on oublie que l’on mange un animal, voire même qu’il a été tué pour que l’on puisse le manger. Je vous invite à lire tout un chapitre sur les abattoirs. Matthieu Ricard nous y dévoile quelques dures réalités. Par exemple pour les poulets :  en théorie, ils sont étourdis dans un bain électrisé mais bien souvent, le voltage utilisé est trop faible (pour faire des économies) et les poulets arrivent conscients dans la cuve à ébouillanter. Pour les veaux, vaches, cochons, moutons, le personnel manque de formation et la cadence trop forte ne permet pas aux animaux d’être correctement assommés. Ils sont saignés, écorchés ou démembrés lorsqu’ils sont encore vivants.

Si vous deviez tuer vous même votre vache pour manger un steak, le feriez-vous ?

Matthieu Ricard aborde de nombreuses questions éthiques, explore les études d’autres scientifiques, de philosophes, parle des conditions de vue des animaux de zoo, des tests faits sur eux pour la recherche, de la corrida… Il aborde TOUS les sujets et les étudie de manière consciencieuse et précise. De quoi vous faire un avis complet sur la question du végétarisme.

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Un commentaire au sujet de « L’excellent livre « Plaidoyer pour les animaux » de Matthieu Ricard ou pourquoi vous pourriez devenir végétarien ? »

  1. Par amour pour les Animaux , je suis végétarienne depuis de longues années !
    Vu la souffrance animale dévoilée par les médias , je suis vraiment fière de ne pas « manger mes Amis » !

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